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lundi 3 janvier 2011

"Le bourgeois de Paris est... champêtre... jusqu’au fanatisme" (F. Soulié, 1846)


"Le bourgeois campagnard", dessin d'H. Daumier (Les Français peints par eux-mêmes, vol. 3, 1846).


« LE BOURGEOIS CAMPAGNARD. On s’imagine en général que le bourgeois de Paris est citadin, qu’il a l’amour de sa ville, qu’il se réjouit quand on en balaie la poussière ou la boue, ou qu’on élargit les rues de manière à ce qu’il ne respire pas absolument un air d’égout ; on croit qu’il s’éprend des trottoirs d’asphalte, des candélabres gazifères, du dallage des quais, des arbres qu’on y plante et qui ne poussent pas, de la splendeur des monuments, de toutes les améliorations enfin votées par le conseil municipal ; on se trompe, le bourgeois de Paris n’accepte tout cela que comme un adoucissement à la funeste nécessité d’habiter la capitale. En effet, de tous les Français, le bourgeois de Paris est le plus champêtre, il l’est jusqu’au fanatisme. Boutiquier ou commis, enchaîné derrière un comptoir ou en face d’un bureau, la campagne est le rêve de toutes ses heures. Sur cent souscripteurs à La Maison rustique ou au Dictionnaire d’agriculture, il y en a quatre-vingt-quinze qui appartiennent aux patentés de la rue Saint-Denis ou aux appointés des grandes ruches ministérielles. […]

Un des symptômes les plus véhéments de cette monomanie, c’est la fureur avec laquelle, le dimanche venu, nos citadins se précipitent hors de la cité par toutes les barrières de Paris. Quand on pense à quels travaux d’Hercule se livrent ces bons bourgeois pour toucher du bout du pied le bord de cette belle robe verte qui revêt leur terre promise, on se sent pris à la fois d’admiration et de pitié […] En vérité, […] on ne calcule pas ce qu’ils bravent de soleil, ce qu’ils absorbent de poussière, ce qu’ils subissent de cahots, d’averses, de railleries, de soif, de faim, avant d’aborder un bouquet de bois, quelquefois un arbre, et s’asseoir sur une vieille herbe grise qu’ils appellent gazon fleuri, et y manger un pâté détestablement échauffé par le voyage et y boire un vin tourné depuis qu’il est sorti de la cave du marchand ; et cela pour un peu d’espace, un peu d’air, pour sentir sous leurs pieds autre chose que du pavé, pour voir devant eux autre chose que des murs blancs, pour se coucher sous un semblant d’ombrage. Aussi, je le répète, si l’on supputait comme on le doit tous ces héroïques efforts, on partagerait notre respect pour ce rêve du bourgeois parisien.

Mais le temps est bien loin encore du jour où il pourra le réaliser, et en attendant, il s’en berce, il s’en nourrit, il lui emprunte le courage nécessaire à supporter la dure épreuve de la vie citadine. Après l’espérance d’un meilleur monde, la campagne est le premier soutien de la foi et de la résignation religieuse du bourgeois de Paris. Il ne mange pas un ragoût dont le beurre agace trop sa gorge, il ne boit pas une tasse de ce lait parisien qui a le don d’être à la fois plus insipide que l’eau et plus indigeste que les haricots, sans rêver à la crème et au beurre frais qu’il récoltera lui-même de sa belle vache future. Que lui importe cette salade flétrie comme la robe d’une danseuse des funambules, ces petits pois belliqueux et durs comme le plomb qui charge le mousquet de nos héros ; ne viendra-t-il pas un jour où il ira cueillir lui-même sa tendre laitue et ses légumes croquants une heure avant de se mettre à table ?

Ne croyez pas cependant que cette espérance soit aussi inconsidérée, aussi légère que toutes celles qui abusent la faible humanité. Bien des fois il a fait dans ses longues soirées d’hiver, en grelottant auprès de son feu, le budget de cette vie de félicité vers laquelle il marche d’un pas si lent. Et d’abord, il y a à la campagne mille choses qui ne coûtent rien : les œufs que de bonnes poules pondent par douzaines, les poulets qui se nourrissent de rien en picorant dans le fumier de la basse-cour, les canards qui barbotent dans la mare et qui dévorent les épluchures de la cuisine, et les lapins donc, les vieilles feuilles de choux et d’herbes qu’on fait dans les champs ne suffisent-elles pas à les engraisser ! Il est inutile de parler des fruits, des légumes qui seront de la plus exquise qualité, car le bourgeois de Paris a sur ce sujet les plus excellentes théories de culture qu’il mettre rigoureusement en pratique. Ce côté même de son avenir le charme ; il éclairera l’ignorance des paysans que l’incurie du gouvernement abandonne dans l’ornière des vieilles routines ; ces bons villageois viendront le consulter, et il leur donnera paternellement ses lumières et conseils, et quand il passera dans les rues, ces simples et naïfs enfants de la nature le salueront avec respect et reconnaissance. […] Quelle vie de cocagne il va enfin mener, il la voit, il l’admire, il la tient. […]

Ne riez pas de pitié, ne haussez point les épaules en signe de mépris, tout ce que je vous dis là est vrai. Je l’ai vu et entendu mille fois, et si vous saviez combien de longues et solitaires soirées cette espérance a fait supporter au pauvre bourgeois parisien, combien de privations et combien de labeurs cela lui a donné le courage de subir, vous ne lui feriez pas une observation. »

Frédéric Soulié, Les Français peints par eux-mêmes, vol. 3, Paris, Furne & Cie, 1846.

vendredi 17 décembre 2010

"La girafe n'est pas l'un des plus beaux animaux" (Journal des Débats, 1827)


"La girafe nubienne" offerte à Charles X par Méhémet Ali, peinture de Jacques-Laurent Agasse (1767-1849). The Royal Collection, Windsor Castle.











« La girafe arrivée à Paris samedi soir a fait hier matin sa seconde apparition devant le public de Paris. MM. les administrateurs du Jardin des Plantes ont choisi, à cet effet un emplacement très commode pour les spectateurs : déjà des milliers de Parisiens en savent plus sur cette merveille des déserts que n'en ont jamais su Pline, Aristote et Buffon.

Au temps de ce dernier, les doctes eux-mêmes ne connaissaient encore la girafe que par les récits peu d'accord entre eux, et tous plus où moins inexacts des voyageurs. "La girafe, dit Buffon, est un des premiers, des plus beaux, des plus grands animaux, et qui, sans être nuisible, est en même temps l’un des plus inutiles. La disproportion énorme de ses jambes, dont celles de devant sont une fois plus longues que celles de derrière, fait obstacle à l'exercice de ses forces ; son corps n'a pas d'assiette, sa démarche est vacillante, ses mouvements sont lents et contraints… Sa peau est tigrée comme celle de la panthère, et son col est long comme celui du chameau, etc."

Si comme on en est d’accord la beauté pour l'animal consiste dans la proportion entre les parties qui le composent et la juste mesure de chacune d'elles relativement aux fonctions qu'elle a à remplir dans la souplesse et l'harmonie des mouvements, dans le caractère de force, de vélocité, d'adresse, de puissance quelconque, la girafe n'est pas l'un des plus beaux animaux ; elle est un des plus laids ; le plus laid sans contredit des grands quadrupèdes.

Celle que nous avons eue ce matin sous les yeux, bien qu'elle n'ait pas encore pris toute sa croissance, a dix à douze pieds de hauteur, depuis les pieds de devant jusqu’au sommet de la tète, laquelle est perpendiculaire au garrot, au moyen d'un long col dont la principale articulation est à sa naissance, qui semble à peu près inflexible du reste, et n'a de commun avec celui du chameau que cette longueur, qui paraît ici bien plus encore que dans le chameau, démesurée. La tête dont est surmonté ce col est proportionnellement beaucoup plus petite que celle du chameau, semble tout osseuse, et a quelque ressemblance avec l'autruche.

Le corps de l'animal long de cinq à six pieds au plus, et dont le système musculaire est mou à la vue et peu apparent, s'atténue vers la croupe, qui, par là surtout, se trouve de beaucoup plus basse que le garrot. Il n'est pas vrai que la disproportion soit énorme entre les jambes de derrière et celles de devant, et que celles-ci soient une fois plus longues que les autres. La différence entre elles nous a paru être d'un sixième tout au plus. Ces jambes longues, comme le corps à peu près (cinq à six pieds), sont assez amplement fournies, mais grossièrement formées. Elles se terminent par un pied fourchu d'assez bonne perfection. Le mouvement qu'elles impriment à l'animal n'est ni si vacillant, ni si contraint que semble l'indiquer la description de Buffon. L'allure naturelle de la girafe est l'amble ; sa vitesse, sans qu'on fit, ce nous a semblé, aucun effort pour la retarder ni l'accélérer, est celle de la marche ordinaire d'un homme.

La peau de la girafe ne ressemble aussi que de fort loin à celle des panthères ce n'est quant à la moucheture, ni la même disposition ni la même forme ni surtout les mêmes tons vigoureux de couleur qu'on se figure plutôt un fond fauve-pale, sur lequel s'étendrait un réseau blanc, à mailles larges, fortes, et irrégulièrement carrées.

Enfin, si, par sa masse, son port, son allure la girafe est comparable à quelque chose, c'est beaucoup moins à aucun des animaux vivants que nous connaissons qu'à l'espèce de mannequin qui figure au théâtre les chameaux de la Caravane, lorsque ce mannequin est porté par un seul homme et que le col de l'animal n'est figuré que par un bâton revêtu d'une manche en toile.

Bien que la girafe nous parût fort douce, comme elle l'est en effet, et qu'elle ne semblât disposée à aucun mouvement désordonné, on la promène maintenue par quatre longes, deux desquelles se rattachent à un collier sur le garrot, et les deux à un licol comme celui des chameaux. Deux Africains tenaient lâches les longes du licol ; celles du collier étaient tenues, de inouïe, par deux garçons de ménagerie, un peu en arrière. Le motif de ces précautions nous a été expliqué par un mouvement assez brusque, comme celui d'un cheval qui se cabre que fit l'animal à l'instant où on le rentrait dans la vaste orangerie qui lui sert provisoirement de demeure. La girafe est tenue dans un état de propreté remarquable : elle a le poil brillant, et paraît en bonne santé. Voilà ce que nous avons vu.

Quant aux particularités concernant les habitudes et les mœurs de la girafe, nous n'en savons encore rien que nos lecteurs ne puissent apprendre, comme nous, en ouvrant les auteurs qui en out écrit sans en savoir grand’ chose. Depuis les conquêtes des Romains, aucune girafe vivante n'était parvenue en Europe. Aussi s'accorde-t-on sur ce point, qua les girafes sont fort rares même sous le climat où le ciel les a fait naître ; rien de plus vraisemblable ! Ce qu'on a peine à concevoir, c'est, qu'un animal si dénué de défense si embarrassé de sa personne, pour ainsi dire, et qu'aucun motif d'utilité n'a engagé l'homme à amener à l'état de domesticité, se perpétue au milieu des déserts, dans le formidable voisinage des tigres et des lions.

Le public est admis tous les jours à la voir, de dix heures à midi. »

Le Journal des Débats, 5 juillet 1827.

vendredi 18 juin 2010

"Quelle ruche, quelle fourmilière en travail que cette infatigable race des industriels de la rue !" (V. Fournel, 1867)

"Tableau de Paris à 5 heures du matin", estampe, Imp.-lith. Pellerin à Epinal, 1875.


« Que faire en un fiacre, quand on est las de regarder les enseignes et les affiches par la portière, à moins d'écouter, à demi accroupi en son coin, la symphonie si monotone dans sa variété, si variée dans sa monotonie, qui s'élève incessamment de chaque rue de la grande capitale ? Prêtez l'oreille, et vous n'entendrez d'abord que le désagréable roulement des voitures sur le pavé ; puis bientôt s'élèvera à côté de ce bruit la discordante et criarde mélopée des mille cris de Paris.

Chaque industrie a sa gamme technique, chaque industriel a adopté dans le ton général une note qui le distingue. Pas un cri qui n'ait sa signification et sa philosophie, pour ainsi dire. Il y a de la symétrie dans cette variété, de l'ordre dans ce désordre, du raisonnement dans cette fantaisie : il faudrait n'avoir pas d'oreilles et pas de sentiment pour ne s'en point apercevoir. Marchands d'encre, de marée, de pommes de terre au boisseau, de mottes à brûler, de mouron pour les petits oiseaux, ramoneurs, saltimbanques, charlatans, casseurs de pierres, joailliers en plein vent, étalagistes des boutiques à cinq sous, cela crie, chante, accentue ses apostrophes et scande ses invitations sonores sur tous les tons et dans tous les modes. On dirait un carillon monstre, mis en branle par dix mille mains à la fois, et qui sème sur les pavés de la ville une pluie formidable de notes rauques, argentines ou criardes. Dès six heures du matin ce concert commence à s'élever, pour ne s'éteindre qu'à dix heures du soir et recommencer le lendemain, et ainsi tous les jours que Dieu fait.

Il faudrait un volume in-folio pour faire ressortir dignement l'art naturel et spontané qu'il y a dans tous ces cris des petites industries, leurs inflexions dramatiques, leurs savantes roueries, leur expression vivante et variée : depuis le récitatif classique et saccadé de la marchande de cartons, jusqu'à la fanfare à la fois mélancolique et provocatrice du marchand d'habits ; depuis l'exclamation naïvement passionnée de la poissarde ambulante qui s'extasie devant la fraîcheur et la beauté de ses maquereaux, jusqu'à la retentissante mélodie de la marchande d'huîtres à quatre sous la douzaine ; depuis l'annonce confiante, sereine et cavalière du vitrier, sachant qu'on cassera toujours des carreaux, et du marchand de coco qui ne s'inquiète pas de l'avenir, tant qu'il y aura des gamins, des provinciaux, des blanchisseuses, et que le Petit-Lazari restera debout sur sa base, — jusqu'à l'appel, plaintif et désespéré comme le râle d'un homme qui se noie, de l'Auvergnat porteur d'eau, qui semble se demander avec angoisse s'il pourra ajouter deux sous à son trésor, —jusqu'au rugissement inquiet du raccommodeur de fontaines qui, pour avoir embouché la trompette dans un dernier et sublime effort, n'en prêche pas moins au milieu du désert.

Ajoutons-y encore la mélopée, humble et suppliante comme une élégie, du collectionneur de bouteilles cassées, qui implore un don, tout en se posant en acheteur par une fiction qu'il ne faut pas prendre au sérieux ; puis la marchande de plaisirs, avec son cri langoureux, plein de mystérieuses promesses ; et le montreur de lanterne magique, avec sa modulation fantastique et tentatrice, qui fait involontairement songer aux merveilles des Mille et une Nuits.

Quelle ruche, quelle fourmilière en travail que cette infatigable race des industriels de la rue! Ils pullulent tellement à Paris qu'ils semblent germer dans la boue du macadam. Heureusement, sauf quelques pauvres diables qui ont grand'peine à se tenir en équilibre sur le dernier échelon du commerce des rues, ils ne vous arrêtent pas au passage, et se contentent d'implorer votre bourse, armés de leur seule éloquence.

Parmi ces Lazares de l'industrie, qui viennent s'asseoir au coin de la table, ou plutôt sous la table parisienne, pour s'y disputer les miettes qui en tombent, il y a toute une légion de parasites étrangers, lesquels, au rebours des hirondelles, s'en viennent, pour la plupart, avec les neiges et s'en vont avec les roses. Tels sont ces marchands de statuettes en plâtre qui répandent et entretiennent dans le peuple le sentiment des arts : ils vendent aux portières, aux ouvriers, aux petits commerçants, des Christs et des Vierges, des Jeanne d'Arc d'après la princesse Marie, des odalisques, des guerriers musulmans appuyés sur leur cimeterre, des épreuves , dans les prix doux, de la Vénus de Milo ou des plus beaux ouvrages de Pradier. Cette race se compose surtout de Piémontais indolents, grands et gros gaillards qui doivent être proches parents des lazzaroni, à en juger par l'abandon caractéristique avec lequel ils savourent les douceurs du farniente.

Ce sont des êtres bien différents, ces petits joueurs de vielle et de mandoline, venus de Naples pour la plupart, qui vous poursuivent avec tant d'obstination dans la rue et ne répondent à vos impatiences que par un cri étrange et moqueur, assez semblable au gloussement d'un oiseau. Et voyez un peu l'influence des climats ! Ces chétives créatures ont sous leurs haillons un air effronté, une belle humeur étonnante, de grands yeux brillants comme des escarboucles, et c'est d'une voix délibérée et d'un geste hardi, en pirouettant sur eux-mêmes, qu'ils vous demandent cette aumône, implorée par le petit Savoyard avec une humilité si piteuse.

Un air toujours sombre et triste, une allure qui rappelle vaguement la marmotte, un visage barbouillé de suie, défiant, maussade et peureux, que n'ont jamais éclairé ni un sourire ni un rayon de soleil, une mine grelottante et sauvage, tels sont les caractères extérieurs de ces pauvres êtres qui forment la grande tribu des ramoneurs. Vrais Savoyards de mœurs et d'aspect comme de naissance, ils portent leur livrée à la fois sur la peau et sur les habits, et n'ont garde de se décrasser, de peur de perdre leur cachet. Un ramoneur blanc et propre, quel contre-sens ! Ce serait comme un négociant qui aurait décroché son enseigne et crierait au public qu'il n'a point de chalands.

Voilà les véritables gagne-petit de l'industrie parisienne ; mais c'est par un déplorable abus de mots que l'on range sous le même titre quelques humbles commerçants qui, en amassant sou par sou, avec la patiente et tenace lenteur de la fourmi, arrivent au bout de l'année à des bénéfices souvent plus considérables que ceux de tel directeur d'un grand magasin des boulevards. Sont-ce bien des gagne-petit, ces marchands de marrons cantonnés dans un coin de trois pieds carrés, et qui, en certains jours, à la Toussaint par exemple, comme me le confessait un d'entre eux, placé pourtant dans une des rues les moins hantées de Paris, vendent pour quatre-vingts francs de cette marchandise, où presque tout est bénéfice pur et simple !

Et les porteurs d'eau, ces frères siamois des charbonniers, presque tous rentiers sur leurs vieux jours! Ordinairement, le même homme réunit les deux emplois, et il faut bien subir avec résignation les conséquences suspectes de cet étrange cumul. Un très-grand nombre de ces petits industriels, sur le compte desquels vous êtes porté à vous apitoyer, en passant devant les trous noirs qui leur servent de boutiques, sont propriétaires de la maison qu'ils habitent. Pendant deux ans, j'ai fait l'aumône de mes vieux habits, de mes vieux chapeaux et de mes vieux souliers à un charbonnier des environs du Luxembourg, que je voyais déjeuner chaque jour d'un oignon cru, et qui avait acheté, l'année précédente, la maison à cinq étages dont il partageait le rez-de-chaussée avec l'échoppe d'un savetier. J'ai rencontré, depuis, dix exemples pareils. »

Victor Fournel, Ce qu'on voit dans les rues de Paris, Paris, E. Dentu, 1867 (1ère édition : 1858)